
A l'origine de cet événement, nous sommes un groupe de trois femmes, mères et habitantes de cette vallée à avoir le désir d'agir concrètement en luttant contre les différentes formes de violence et de domination. L'inceste en est une, si ce n'est la première. L'inceste est un tabou, alors que sa pratique est extrêmement répandue. Tapis dans l'ombre et dans le silence, l'abus sexuel sur mineur fait des ravages ; des ravages sur l'enfant, mais bientôt sur l'adolescent-e puis l'adulte.
C'est un enjeu moral et sociétal auquel nous nous confrontons car comme le dit Edouard Durand, président de la CIIVISE : "une civilisation sera jugée sur ce qu'elle aura considérée comme négociable ou non négociable. Le corps des enfants, le corps des femmes, négociables ou non négociables ?".
Au fur et à mesure, de nouvelles personnes nous ont rejointes pour continuer à penser et définir les contours de cet événement. En effet, nous le voulions collectif, en y intégrant des individus mais aussi des communes, des associations, des lieux déjà existants sur le territoire. Car selon nous, agir toutes et tous ensemble est la seule manière efficace d'enrayer ce fléau. L'inceste ne se produit qu'avec la complicité de toute la société.
En maillant fortement le territoire sur une semaine, nous souhaitons qu'il soit plus difficile de détourner le regard. Se positionner : FACE A L'INCESTE , le regarder dans les yeux, même si c'est difficile, pour SORTIR DU SILENCE qui l'entoure et espérer pouvoir ainsi lutter contre.
L'inceste de quoi on parle ?
L’inceste est une agression sexuelle entre personnes de la même famille. L’inceste se manifeste également par une emprise, une violence psychologique, une culpabilisation ou du chantage affectif. Ainsi ce ne sont pas que des actes sexuels, mais cela englobe tout ce qu’il y a autour : honte, culpabilité, envahissement psychique, isolement, déni par les autres adultes voire rejet (notamment quand l’enfant ou l’adolescent parle). Ce genre de comportements commis sur un·e mineur·e par une personne ayant « une autorité de droit ou de fait » (parents, grands-parents, frère/sœur, oncle/tante, conjoint·e de l’une de ces personnes) est considéré de la même manière que des viols et des agressions sexuelles. (source : Tant qu’on se taira /Cie Les Fugaces)
En quelques chiffres :
-En France, 1 adulte sur 10 déclare avoir été victime d’inceste, soit environ 6,7 millions de personnes
-En France chaque année, environ 160 000 enfants sont agressés sexuellement, souvent par un membre de leur famille
-8 victimes sur 10 sont des femmes et 96 % des agresseurs sont des hommes
-Dans 9 cas sur 10, lorsqu’un enfant révèle l’inceste, la famille prend parti pour l’agresseur et rejette la victime au profit de la cohésion familiale
-90% des enfants victimes d’abus ne sont ni crus, ni écoutés, ni protégés.
(source : sondages IPSOS pour l’association Face à L’inceste / Rapport de la CIIVISe)